L'investisseur astucieux

Voyez si votre fourchette d'imposition après la retraite sera plus ou moins élevée.
par Matthew Elder | 10-02-11

À l'approche de la date limite des cotisations au REER (le 1er mars), beaucoup d'entre nous avons tourné notre attention vers l'épargne-retraite. Bien qu'il n'y ait rien de mal à cela (connaître ses besoins dans ce domaine est important), le moment de l'année pourrait ne pas être aussi important que vous ne le pensez.

A propos de l'auteur
Matthew Elder est directeur général de Sensible Communications, une société torontoise offrant des services de consultation en communications à l'industrie des services financiers. Il compte plus de 30 ans d'expérience en journalisme financier en tant que directeur, éditeur, chroniqueur et journaliste. Il était anciennement vice-président du contenu et rédacteur en chef pour Morningstar Canada. Auparavant, il était éditeur et chroniqueur au National Post et au quotidien montréalais The Gazette.

Le régime enregistré d'épargne-retraite, c'est vrai, est un moyen extrêmement efficace d'économiser pour la retraite. Toutefois, le relativement nouveau compte d'épargne libre d'impôt (CELI), qui n'a pas de date limite de cotisation, est une alternative plus simple qui vaut la peine d'être envisagée. Introduit en 2009, le CELI permet aux individus -- même ceux qui n'ont pas de revenu gagné -- de cotiser jusqu'à 5 000 $ par an. Dans certains cas, il pourrait s'avérer un moyen fiscalement plus efficient de constituer une épargne que le REER beaucoup plus ancien.

La déductibilité fiscale et la croissance à imposition différée offertes par les REER, qui ont été introduits en 1957, sont depuis longtemps une incitation convaincante pour les Canadiens qui veulent se constituer une épargne pour leur retraite. Selon Statistique Canada, 6,1 millions de Canadiens ont cotisé plus de 33 milliards $ à leurs REER pour l'année d'imposition 2009. Par opposition, 4,8 millions de Canadiens ont investi 19 milliards $ dans le CELI lors de l'année inaugurale de ce dernier.

Pour l'année d'imposition 2010, la contribution maximale d'un individu à un REER est de 18 % de son revenu gagné l'année précédente (2009), jusqu'à un maximum de 22 000 $, à déduire de sa déclaration de revenus pour 2010. S'il est avantageux de le faire dans le but de créer des flux de revenu-retraite égaux dans l'avenir, vous pouvez décider de cotiser à un REER au nom de votre conjoint(e).

Les droits à cotisation au REER non utilisés peuvent être reportés indéfiniment et accroître la cotisation non imposable autorisée. On peut aussi cotiser jusqu'à 2 000 $ au-delà du montant autorisé, bien que cette cotisation supplémentaire ne soit pas déductible d'impôts. Le revenu ou les gains perçus sur des cotisations supplémentaires de ce type ne sont pas imposés au sein du régime, mais leur montant est imposable lors de leur retrait, comme si elles avaient été des cotisations déductibles d'impôts.

L'argent retiré d'un REER, ou de l'un de ses successeurs versant des revenus comme le fonds enregistré de revenu-retraite (FERR), est imposé au taux marginal maximum. Cela comprend à la fois le capital original investi et la croissance au sein du régime.

À l'opposé, il n'y a pas de déductibilité fiscale pour les cotisations au CELI, mais l'avantage de ce dernier est qu'il n'y a pas non plus d'impôt à payer au moment du retrait. Les revenus versés à partir du capital investi dans le CELI peuvent fructifier libre d'impôts, et n'importe quel montant (qu'il représente votre capital original ou la croissance de ce capital) peut être retiré du compte à tout moment libre d'impôts, quel que soit l'âge du cotisant. Les cotisations elles-mêmes bénéficient d'une certaine souplesse puisque si elles ne sont pas utilisées elles peuvent être reportées.

Il n'existe pas de CELI conjoint. Toutefois, l'argent qu'on donne à un conjoint pour cotiser à son CELI n'est pas soumis aux règles d'attribution du fisc, qui demandent normalement que le revenu ou les gains réalisés résultant d'un don de ce type soient imposables pour le donateur.

Compte tenu des différences entre ces deux types de comptes enregistrés, le CELI est-il une alternative sérieuse au REER en tant que véhicule d'épargne-retraite? On peut répondre en bref que cela dépend de votre situation fiscale.

En général si vous vous trouvez lors de votre retraite dans une fourchette d'imposition inférieure à celle du moment de vos cotisations, le REER est plus logique. Si ce n'est pas le cas, le CELI est probablement un meilleur choix, pour la simple raison que le produit d'un REER est imposable, et les gains provenant d'un CELI ne le sont pas.

N'oubliez pas qu'une analyse des deux doit aussi tenir compte du fait qu'un retrait de votre REER augmente votre revenu net de l'année où il a été effectué et que, selon votre niveau de revenu, vous pouvez alors perdre des prestations gouvernementales comme les paiements au titre de la Sécurité de la vieillesse. Pour 2010, vous devez rembourser la SV au taux de 15 % de tout revenu net dépassant 66 733 $. (Ce seuil passe à 67 668 $ pour 2011).

Une autre différence entre les deux plans avantage le CELI pour sa souplesse. Tout montant retiré d'un CELI est automatiquement ajouté à vos droits à cotisation non utilisés pour l'année suivante. Les retraits d'un REER, quant à eux, sont totalement imposables, et de plus, le montant retiré n'est pas ajouté à vos droits à cotisation.

Pour de nombreuses personnes, les REER demeurent le meilleur choix d'épargne-retraite, à moins bien entendu que l'on puisse cotiser le maximum autorisé pour un REER et un CELI. Toutefois, s'il fallait choisir entre les deux, essayez d'évaluer où votre revenu en sera à votre retraite, et choisissez entre les deux plans d'épargne en conséquence.

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