Investir dans les fonds

Charles Sims, président de l'IFIC, parle de la valeur d'inculquer « la culture des économies continues ».
par Michael Ryval | 17-04-12

Depuis qu'il a été nommé président de l'Institut des fonds d'investissement du Canada il y a 18 mois, Charles R. Sims dit que l'association commerciale pour l'industrie des fonds communs de placement a porté plus d'attention et consacré plus de moyens à la valeur qu'offrent les conseillers.

A propos de l'auteur
Michael Ryval, qui contribue régulièrement à Morningstar, est un auteur pigiste de Toronto se spécialisant dans les domaines du placement et des affaires.

« C'est le changement le plus important à l'IFIC : la focalisation sur des sujets spécifiques et des efforts de recherche pour comprendre réellement la cause à effet résultant d'une collaboration avec un conseiller », dit-il.

M. Sims participera à la Conférence Morningstar sur le placement le 6 juin à Toronto. Il participera aux discussions d'experts sur les changements apportés dans le domaine des conseillers financiers avec Goshka Folda, directrice générale principale pour Investor Economics, et Susan Wolburgh Jenah, présidente et chef de la direction de l'Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM).

M. Sims est président et chef de la direction de la Corporation Financière Mackenzie, qui commercialise essentiellement ses fonds par le biais des conseillers en placement. Il n'est donc pas surprenant qu'il soit un ardent défenseur du rôle de conseillers financiers.

« Un conseiller fait vraiment toute la différence : Il ou elle améliore vos connaissances financières, développe une culture de l'épargne et des placements, chose essentielle, et assiste dans l'élaboration d'un plan financier », dit M. Sims. Il souligne le rapport de 2011 intitulé La valeur des conseils, qui s'appuie sur les données du sondage The Canadian Financial Monitor réalisé par Ipsos-Reid auprès de 18 000 personnes. « Un conseiller aide aussi à sélectionner les instruments de placement appropriés pour établir un plan financier, puis instaurer une certaine discipline dans le processus. »

De plus, des études montrent que les investisseurs profitent de la collaboration avec leurs conseillers. « Quel que soit votre revenu ou votre âge, vous vous trouverez mieux financièrement si votre famille fait affaire avec un conseiller, dit M. Sims. Vous utiliserez davantage les régimes enregistrés, votre portefeuille sera structuré avec un profil de risque plus approprié et vous aurez une pondération plus petite en liquidités. Vous serez aussi probablement plus heureux quant à votre avenir financier et aurez un meilleur profil d'endettement. Tous ces points sont les aspects de base qu'un conseiller essaie de mettre en oeuvre. »

L'une des constatations du sondage national d'Ipsos-Reid de 2011 est que les familles qui ont recours à un conseiller financier ont un capital investi d'environ 176 000 $, comparé à 47 000 $ pour les familles qui ne reçoivent pas de conseils, soit environ quatre fois moins.

En fait, la différence est encore plus prononcée, de 4,6 à 6,8 fois environ, pour les familles à revenu inférieur. Même à l'extrémité supérieure de l'échelle salariale (pour les gens ayant un revenu annuel de 100 000 $ ou plus) les familles bénéficiant de conseils possèdent environ 215 000 $ d'actifs investis, comparés à 138 000 $ pour les foyers qui n'en reçoivent pas.

La différence principale entre les familles qui bénéficient de conseils et celles qui n'en reçoivent pas, dit M. Sims, est que ces premières tendent à commencer à investir plus tôt, des montants relativement petits, pour ensuite investir continuellement sur une longue période.

Selon des recherches réalisées par Pollara Inc., plus de la moitié des investisseurs interrogés disaient avoir commencé à faire affaire avec un conseiller lorsqu'ils avaient moins de 25 000 $, alors que trois quarts des personnes interrogées avaient moins de 50 000 $. Plus significatif encore, le sondage de Pollara a montré que les investisseurs canadiens restent en moyenne 18 ans avec le même conseiller.

« La différence [entre les familles conseillées et les non conseillées] peut ne pas être visible les trois à quatre premières années, dit M. Sims. Mais la puissance des intérêts composés et de la discipline de placement commencent à porter leurs fruits après avoir établi une relation avec un conseiller. »

La valeur de cette relation réside dans les habitudes de placement et d'épargne, que les marchés soient baissiers ou haussiers. Établir une culture d'épargne et d'investissement a un plus grand impact pour une personne que choisir un placement spécifique qui rapportera un 0,5 % de plus, dit M. Sims.

« Si, de façon hypothétique, un actuaire me disait que j'ai besoin d'économiser 10 % de mon salaire pour atteindre mon objectif financier, et que j'économisais moi-même 10 %, tout montant supplémentaire améliorerait alors ma situation financière au fil du temps. Si je ne mets de côté que 3 % de mon salaire, je compte alors sur ces 3 % pour obtenir un rendement suffisant pour compenser la différence. Cela n'est pas très pratique. C'est pourquoi la valeur des conseils repose entièrement sur la culture d'une épargne continuelle. »

Avec un taux de volatilité sans précédent ces dernières années, les difficultés sont encore plus grandes. « Oui, la psychologie humaine est telle que nous aimons investir lorsque les marchés vont bien », dit M. Sims.

Il ajoute que les conseillers qui ont passé plus de temps avec leurs clients durant la crise financière de 2008 ont mieux réussi à faire comprendre et accepter la volatilité à leurs clients. « Mais les meilleures occasions surviennent lorsque les marchés sont au plus bas. Il est si difficile pour les investisseurs de continuer à investir à ces moments-là. C'est là que l'on reconnaît un bon conseiller, s'il parvient à faire passer le message. »

Malheureusement, en raison de l'incertitude qui continue à régner à propos des dettes européennes et du ralentissement de la croissance en Chine, les investisseurs évitent les placements boursiers et fuient de plus en plus les risques. « L'incertitude est toujours là -- et c'est un fait de la vie, dit M. Sims. Mais on ne doit pas rester paralysé pour cela. L'essence d'un réseau de conseillers est de fournir une éducation financière au public, un sentiment de confiance et de discipline dans le processus de placement. De cette façon, les investisseurs ne seront pas aussi réactionnaires. Mais ce n'est pas facile. »

M. Sims admet toutefois que les conseillers ont du travail à faire, notamment au niveau des frais et des coûts. Il n'y a aucun doute qu'ils jouent un rôle prépondérant dans les activités de placements des particuliers. En 2011, un sondage effectué en ligne auprès de 2 000 personnes par le Fonds pour l'éducation des investisseurs -- une organisation indépendante à but non lucratif soutenue par la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario -- a constaté que cinq investisseurs sur six étaient des clients de conseillers financiers. Deux tiers des investisseurs comptent sur les conseillers pour décider de ce qui leur convient le mieux.

En même temps il y avait néanmoins un manque de connaissances quant au lien entre les frais des fonds et la rémunération des conseillers. En général, les investisseurs « n'ont qu'une petite idée, voire aucune, sur la façon dont les conseillers sont rémunérés », a écrit l'équipe de recherche chez The Brondesbury Group de Toronto.

« Les conseillers doivent améliorer leur façon de proposer la valeur à leurs clients, dit M. Sims. Historiquement, les gens se disent "J'ai mon conseiller et j'atteins mes objectifs financiers." Mais en réalité, tous ces services -- comme l'établissement d'un plan financier, la discipline d'épargner, et l'utilisation de produits enregistrés comme les REER -- sont liés à la valeur des conseils. De plus, les investisseurs peuvent démarrer sans rien avoir à débourser. Tandis que leurs actifs augmentent, la rémunération des conseillers fait de même. »

Dans l'optique de la politique publique, M. Sims croit que le Canada doit améliorer ses normes existantes en matière d'éducation financière, tel que souligné dans les recommandations du rapport de l'an dernier rédigé par le Groupe de travail sur la littératie financière au Canada dirigé par Donald Stewart. « Nous devons développer une culture d'épargne et de placements. Selon moi, c'est l'essence de ce que font les conseillers financiers. C'est pourquoi notre compagnie et l'association de notre industrie, l'IFIC, y travaille si durement. C'est primordial. »

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