Perspectives des gestionnaires

Ce gestionnaire à petites capitalsations s'en tient aux ressources, malgré le « soubresaut »
par Diana Cawfield | 02-01-09
Ted Whitehead, gestionnaire duFonds d'occasions de croissance Manuvie, (160 millions $), s'attend à une remontée des ressources naturelles. « Nous en sommes restés aux matériaux et à l'énergie, dit-il, et je crois que si une reprise importante du marché a lieu, c'est là où on va gagner de l'argent. »

A propos de l'auteur
Diana Cawfield est une journaliste primée qui prête régulièrement ses talents à Morningstar depuis 2000. Ses nombreuses contributions incluent le Toronto Star, Advisor's Edge et Châtelaine, ainsi que le service d'éducation en ligne de l'Institut canadien des valeurs mobilières.
Vice-président et gestionnaire de portefeuille principal de la société torontoise Gestion des placements mondiaux MFC, M. Whitehead utilise un modèle quantitatif. Il classe plus de 700 actions de l'univers des PME, avec comme critères principaux de bonnes surprises dans les bénéfices et un élan ascendant des cours. Ajoutez l'analyse fondamentale à cette recherche et environ 50 sociétés terminent en tête du classement.

Le fonds détient actuellement environ 10 % de son portefeuille dans les sociétés à grande capitalisation, ajoutées comme une sorte de refuge. « Nous nageons à contre-courant, dit M. Whitehead, et les évaluations ne comptent pas dans cet environnement. » Pour ajouter à la difficulté, la croissance des sociétés à petite capitalisation dépend du financement et elles n'ont pas accès au crédit, ajoute-t-il.

Une des stratégies de M. Whitehead en matière de gestion du risque est d'imposer des contraintes à ses avoirs par rapport à son point de repère boursier, l'Indice à petite capitalisation BMO. Celui-ci consiste en 400 noms, dont environ 120 sont des fiducies de revenu. M. Whitehead veille à ce que 96 % du temps, les rendements du fonds soient dans une fourchette de 14 points de pourcentage au-dessus ou au-desssous du rendement de l'indice de référence.

Pour environ 80 des titres individuels, le plafond établi par M. Whitehead est la pondération de l'indice plus trois points de pourcentage. Pour les secteurs d'activité, il maintient ses avoirs entre cinq points de pourcentage de plus ou de moins par rapport aux pondérations de l'indice. Le fonds peut détenir jusqu'à 30 % de contenu étranger, mais la position étrangère actuelle est de seulement 1 % aux États-Unis.

Bien que M. Whitehead affirme que nous avons vu un « soubresaut » dans les ressources et l'infrastructure, il prévoit une demande au cours des 18 prochains mois. Aecon Group ( ARE/TSX), une mise du secteur de l'infrastructure, figure donc parmi les avoirs principaux. La société est impliquée dans des routes et des hôpitaux et son carnet de commandes continue à se remplir.

Un autre titre qui illustre la discipline de M. Whitehead en matière de placements est Fortress Paper ( FTP/TSX), qui produit un mélange éclectique de produits à base de papier. Selon M. Whitehead, la société est bon marché; elle se négocie à environ 6 $ l'action, a une encaisse de 3,70 $ l'action et a tenu ses promesses en matière de bénéfices.

M. Whitehead travaille avec deux autres gestionnaires dans la recherche interne. Avec un taux de rotation de portefeuille se situant à environ 35 %, l'équipe a tendance à conserver ses positions jusqu'à ce qu'un changement se produise. Selon lui, lors des événements récents, les choses ont malheureusement changé trop vite et pour le pire, et il n'y avait nulle part ou se réfugier. Comme le mandat n'est pas vraiment conçu pour maintenir une forte encaisse, « nous avons dû endurer », affirme-t-il.

Du côté quantitatif, une des choses que M. Whitehead et son équipe tentent de réaliser dans cet environnement est de trouver des actions ajoutant une encaisse importante, et vendre si les données fondamentales de la société se détériorent. La stratégie fonctionne jusqu'à ce que les sociétés aient dépensé l'encaisse et que les actions aient baissé. « Je ne sais donc pas s'il y a réellement une solution miracle dans ce type d'environnement », dit M. Whitehead.

Ce gestionnaire de 46 ans peut compter sur près de 25 ans d'expérience des placements. Il a obtenu un diplôme en administration des affaires et en commerce de l'Université de Toronto en 1985, et la désignation de CFA en 1999.

Après avoir obtenu son diplôme, M. Whitehead s'est joint au département des services généraux du Financial Post de Toronto, effectuant des recherches dans les secteurs énergétique et minier. En février 1987, il est devenu conseiller financier, d'abord à Walwyn, Stodgell, Cochran et Murray, avant de joindre les rangs de RBC valeurs mobilières en 1988.

En novembre 1990, M. Whitehead a aussi oeuvré pour le compte de la Credit Suisse First Boston de Toronto, ou il a négocié des actions et obligations canadiennes, américaines et internationales.

En octobre 1997, il s'est joint à Elliott & Page, à titre de courtier en actions canadiennes. Il est devenu co-gestionnaire du fonds anciennement nommé Fonds d'occasions de croissance Elliott & Page lors de son lancement en novembre 1998, en devenant le gestionnaire principal en juin 2000. En tout, il est responsable d'environ 800 millions $ d'actif sous gestion.

Géré par M. Whitehead durant tout son historique de 10 ans, le Fonds d'occasions de croissance Manuvie a connu un rendement annuel de 10,7%, comparativement aux 6 % de la médiane de la catégorie Actions de PME canadiennes, à la date du 30 novembre. Au cours des cinq dernières années, le fonds a perdu 0,3 %, soit très près de la perte médiane de 0,2 %. « Plus récemment, nous avons obtenu de meilleurs résultats lors de marchés haussiers que baissiers. »

Dessinant un graphique du marché sur un bloc-notes pour illustrer ses perspectives de l'avenir, M. Whitehead est optimiste. « Je ne serais pas surpris de voir une remontée de 50 à 60 %, donc un retour à 12 000 (pour l'Indice composé S&P/TSX), dit-il. Il se pourrait que nous soyons remis à l'épreuve ou que nous baissions un peu en 2010, puis peut-être ferons-nous quelque chose à plus long terme sur cinq ans. »

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