Perspectives des gestionnaires

Ce gestionnaire axé sur les petites capitalisations préfère détenir une encaisse plutôt que des actions surévaluées.
par Diana Cawfield | 07-08-09

Stephen Arpin, le gestionnaire principal duFonds canadien à petite capitalisation Beutel Goodman (218,8 millions $ d'actifs), attribue à une gestion stricte du risque le fait que ce produit surclasse ses pairs dans l'arène des petites capitalisations depuis plus d'une décennie.

« Je crois que ce qui nous distingue est notre refus de détenir des compagnies surévaluées et notre volonté de maintenir des réserves liquides quand nous ne trouvons pas de sociétés au prix attrayant, » déclare M. Arpin, vice-président chez Beutel Goodman & Co., et chef d'équipe des mandats de petites capitalisation de cette firme.

A propos de l'auteur
Diana Cawfield est une journaliste primée qui prête régulièrement ses talents à Morningstar depuis 2000. Ses nombreuses contributions incluent le Toronto Star, Advisor's Edge et Châtelaine, ainsi que le service d'éducation en ligne de l'Institut canadien des valeurs mobilières.

Cela ne veut pas dire que lui-même et les membres de son équipe ne s'engageront pas dans des situations plus risquées, ajoute-il. Mais lorsque c'est le cas, « c'est de façon très contrôlée, et nous n'investissons qu'à la Bourse de Toronto, pas dans le capital de risque ou les initiatives privées » dit-il.

Outre les paramètres d'évaluation et la stratégie d'encaisse, les critères essentiels de sélection d'actions comptent notamment l'importance accordée aux états financiers, et la recherche de compagnies robustes munies de bonnes équipes de gestion et de la capacité de générer des flux monétaires disponibles.

Avec les sociétés à faible capitalisation, l'accent est mis sur la manière dont la gestion redéploie le capital dans la société plutôt que d'utiliser les flux monétaires disponibles pour verser des dividendes ou racheter des actions.

La qualité de la gestion est considérée tellement vitale que le processus de recherche commence par un tri qualitatif avant l'analyse quantitative. Afin de savoir si une compagnie a la force financière de se développer et survivre, l'équipe cherche un avantage concurrentiel -- comme un produit muni de barrières à l'entrée -- qui augmente les perspectives de réussite.

Ce processus pratique de recherche comprend des rencontres avec des représentants de plus de 200 compagnies par an. M. Arpin déclare jeter environ 20 % de ses dossiers chaque année, car nombre de ces compagnies ne sont pas à la hauteur ou font l'objet d'une acquisition.

La société québécoise Uni-Select ( UNS/TSX) est l'un des avoirs principaux, et répond aux critères de placement. D'après M. Arpin, ce fournisseur indépendant de pièces automobiles affiche un excellent historique de croissance à long terme. « L'environnement actuel devrait généralement encourager les gens à garder leurs voitures et à les réparer », explique M. Arpin. La société a eu une bonne croissance aux États-Unis et y a connu beaucoup de succès. »

Ce mandat concentré est constitué de 30 à 50 entreprises dont les capitalisations boursières couvrent tout l'éventail des petites et moyennes capitalisations, s'échelonnant de 100 millions $ à 1,5 milliard $, avec une capitalisation moyenne de 1 milliard $. Le processus ascendant propose une souplesse maximum, mais ce portefeuille est néanmoins assujetti à des paramètres quant à ses pondérations sectorielles par rapport à l'Indice petites capitalisations BMO. La participation moyenne d'un titre individuel tourne autour de 3 % du portefeuille, et chaque nom peut ainsi avoir un impact.

Si l'équipe considère que les cours boursiers sont trop élevées, elle usera l'encaisse comme stratégie, même si cela doit provoquer un sous-classement à court terme. Ce fut le cas l'an dernier lorsque le taux d'encaisse du fonds est monté jusqu'à 20 %.

La discipline de vente est un autre outil de gestion du risque qui « enlève les émotions de l'équation, » déclare M. Arpin. Le moteur de cette discipline est l'anticipation d'un rendement de 100 % sur un horizon de trois ou quatre ans. Si le cours cible est atteint, les gestionnaires vendent automatiquement 25 % de la participation à cette action. Ils réévaluent ensuite l'entreprise pour déterminer si elle aura plus de valeur dans l'avenir, et si c'est le cas, ils conserveront la position en question. C'est la viabilité d'une compagnie qui compte.

Le rendement du Fonds à petite capitalisation Beutel Goodman reflète cette discipline à long terme. Depuis que M. Arpin en assure la gestion, ce fonds coté quatre étoiles Morningstar a dégagé un rendement annualisé de 10,1 % sur 10 ans, comparativement au rendement médian de 5,6 % pour les fonds de la catégorie Actions de PME canadiennes en date du 30 juin.

M. Arpin a passé toute sa carrière auprès de la firme torontoise et met 16 ans d'expérience à profit. Il a obtenu un baccalauréat spécialisé de l'Université Queen's en 1991, et a ensuite continué ses études pour obtenir sa maîtrise de l'Université York en 1993, année où il a intégré Beutel. M. Arpin a reçu le titre de CFA en 1997.

En janvier 1995, lorsque le Fonds à petite capitalisation Beutel Goodman a été lancé, M. Arpin s'y est joint comme analyste. Il en est devenu l'un des co-gestionnaires en 1999, puis gestionnaire principal vers la fin de 2000. William Otton est venu à ses côtés en tant que co-gestionnaire en janvier 2007. Plus récemment, M. Arpin co-gère leFonds de dividendes canadiens Beutel Goodman avec Mark Thomson depuis avril 2007.

En plus des responsabilités touchant à la gestion de portefeuille, les fonctions de M. Arpin en tant qu'analyste dans cette firme incluent l'étude de compagnies dans les secteurs de la technologie, des produits de luxe et de l'énergie.

Ces jours-ci, M. Arpin est d'humeur à acheter. « Quand tout le monde veut aller dans l'autre sens, c'est le moment d'acheter, il faut donc être un peu anticonformiste, affirme M. Arpin. Nous nous orientons vers les sociétés de services financiers, nous détenons une participation significative dans le gaz naturel, ce dernier étant très bon marché. Pour ce qui est des métaux de base, nous nous attendons à ce que les choses s'améliorent sur les deux ans à venir, puis dans l'ensemble, et nous sommes donc pleinement investis. »

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