Perspectives des gestionnaires

Ses mandats de PME atteindront inévitablement leur capacité, « mais nous n'en sommes pas encore là. »
par Diana Cawfield | 16-10-09

Avec près de 900 millions $ d'actifs gérés en actions canadiennes à petite capitalisation pour des comptes particuliers et institutionnels pour Mawer Investment Management, Martin Ferguson croit que le moment viendra où sa firme devra tout simplement refuser de nouveaux actifs à petite capitalisation.

C'est déjà le cas pour leFonds Nouveau Canada Mawer , Fonds préféré des analystes Morningstar que M. Ferguson gère depuis bientôt 13 ans. Ce produit de 129 millions $ est plafonné depuis janvier 2005.

A propos de l'auteur
Diana Cawfield est une journaliste primée qui prête régulièrement ses talents à Morningstar depuis 2000. Ses nombreuses contributions incluent le Toronto Star, Advisor's Edge et Châtelaine, ainsi que le service d'éducation en ligne de l'Institut canadien des valeurs mobilières.

Les particuliers peuvent aussi accéder aux compétences de M. Ferguson en matière de petite capitalisation par leFonds entreprise BMO Guardian Mutuel (119 millions $) et leFonds entreprise BMO Guardian Classique , dont il est également gestionnaire. Le mandat BMO Guardian est essentiellement identique à celui du Fonds Nouveau Canada Mawer, bien que les RFG de BMO Guardian soient beaucoup plus élevés que son 1,42 %.

Bien qu'il n'y ait actuellement aucune limite aux nouveaux capitaux pouvant être apportés aux fonds BMO Guardian, « le moment viendra où des limites seront fixées, mais nous n'en sommes pas encore là, dit M. Ferguson. À l'heure actuelle, il nous reste donc au moins deux ans à cravacher avant de même envisager un plafonnement des fonds BMO Guardian. »

M. Ferguson, qui est directeur et gestionnaire de portefeuille auprès de Mawer à Calgary, gère le Fonds Nouveau Canada Mawer depuis décembre 1996 et le Fonds entreprise BMO Guardian depuis septembre 2004. Il a la responsabilité d'un total de 885 millions $ d'actifs sous gestion.

M. Ferguson a distancé ses pairs de la catégorie Actions de PME canadiennes par un choix minutieux de ce qu'il appelle les sociétés à petite capitalisation « de premier ordre » et par une gestion du risque disciplinée. Ses fonds détiennent habituellement entre 40 et 60 actions et sont pleinement investis.

« Nous voulons une marge de sécurité, et cherchons donc des sociétés qui ont déjà ce que nous appelons un modèle commercial complet », dit M. Ferguson. Il accorde sa préférence à des sociétés qui « ont déjà prouvé qu'elles étaient capables de générer des revenus et de les répercuter en bénéfices, et qui ont un avantage concurrentiel ».

Pour entamer le processus de placement, M. Ferguson passe au crible l'univers des 350 à 400 sociétés canadiennes qui ont une capitalisation boursière de 50 millions $ à 500 millions $. Les modèles d'évaluation de Mawer comprennent un modèle d'actualisation des flux de trésorerie couvrant une période de 15 ans. La firme a aussi recours aux simulations Monte Carlo pour tester les hypothèses d'évaluation et déterminer les incertitudes futures.

Une fois qu'une action a été achetée pour le fonds, sa limite de capitalisation est habituellement celle de l'indice petite capitalisation BMO. Actuellement, la limite supérieure de la capitalisation boursière de cet indice est d'environ 1,3 milliard $.

M. Ferguson est un investisseur à long terme. « En portefeuille, ma rotation la plus élevée a été en 2000, dit-il. Elle a atteint 35 %, et la plus basse s'est probablement située aux alentours des 13 %. »

Les mécanismes de contrôle du risque de M. Ferguson comprennent une limitation de chaque action à 6 % et des pondérations sectorielles à 20 %. Il se montre également prêt à vendre un avoir si les évaluations montent trop, s'il y a des changements dans les données fondamentales (par exemple l'endettement), ou si une société perd son avantage concurrentiel.

M. Ferguson fait des entorses à cette règle, notamment avec l'avoir qu'il possède depuis longtemps dans Crescent Point Energy Corp. ( CPG/TSX). Bien que la capitalisation boursière de Crescent Point ait augmenté jusqu'à atteindre 5 milliards $, M. Ferguson a élagué cette position mais ne l'a pas éliminée. « La société en a encore pour dix ans d'occasions de forage et elle ne cesse de se renforcer. »

Un des plus gros avoirs de ce fonds est Constellation Software ( CSU/TSX), dont M. Ferguson loue « l'extraordinaire modèle commercial » et l'excellente équipe de gestion. Cette compagnie fournit des logiciels à plus de 20 000 sociétés et organisations gouvernementales, et a un taux élevé de rétention de sa clientèle. « J'ai donc des flux de trésorerie stables, une longévité et des actifs à très long terme. »

Constellation Software incarne les occasions que M. Ferguson voit dans le secteur technologique. « Je suis agnostique quant aux indices, dit-il. Nous sommes à un sommet inégalé et l'indice est au plus bas pour ce qui est des pondérations technologiques. Nous trouvons des valeurs fantastiques et les sociétés que je possède détiennent un produit ou service technologique qui est crucial à la firme ou à ses clients. »

M. Ferguson, 49 ans, présente à la fois les caractéristiques d'un investisseur axé sur la valeur et sur la croissance. Il se décrit au beau milieu du triangle constitué par les investisseurs emblématiques Warren Buffett, Phil Fisher et Benjamin Graham.

Après avoir obtenu son baccalauréat de l'Université de l'Alberta en 1982, M. Ferguson est entré à la division des placements du Trésor de l'Alberta. Il a ensuite passé une courte période au service de Principal Group of Companies, conglomérat financier qui s'est effondré en 1987. De retour au Trésor de l'Alberta, il y a atteint le rang de gestionnaire de portefeuille adjoint avant d'entrer chez Mawer en 1996.

M. Ferguson attribue son succès à « l'une des meilleures équipes au Canada », avec 14 personnes plus lui-même dans le service de la recherche. Parce que la qualité de la gestion des entreprises est considérée d'une importance primordiale, l'équipe Mawer rencontre face à face entre deux et trois compagnies par semaine.

Le renforcement de l'esprit de corps est une priorité constante chez Mawer, où M. Ferguson et ses collègues viennent d'achever une période de réflexion annuelle. Le sujet cette année, dit-il, en était la vision des individus et de l'équipe pour les 10 prochaines années, « afin de nous faire accéder à la vision d'une équipe de recherche et d'une franchise mondiale à haut rendement, fondée sur l'excellence. »

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