Patricia Perez-Coutts, vice-présidente principale et gestionnaire de portefeuille pour Placements AGF de Toronto, dit que la priorité dominante dans de nombreuses économies émergentes est la croissance de la production intérieure.

La Chine abonde dans ce sens et réduira la dépendance du pays sur la demande de produits chinois émanant de l'économie mondiale, dit Mme Perez Coutts. « Non seulement la Chine, mais aussi l'Amérique latine riche en ressources naturelles cherchent également à stimuler la consommation intérieure. »
Mme Perez-Coutts gère le Fonds des marchés émergents AGF depuis juin 2002, et ce produit a actuellement 1 milliard $ d'actifs. Il a gagné quatre fois le prix attribué à sa catégorie par le Gala canadien du placement, et a la cote maximum de 5 étoiles attribuée par Morningstar pour les rendements ajustés selon le risque.
Concernant l'évaluation de son univers, Mme Perez-Coutts dit que malgré le rendement éblouissant de l'Indice MSCI marchés émergents en 2009, le fonds se négocie à un ratio cours/bénéfices « raisonnable » de 13 à 16 fois les estimations pour 2010, alors que les prévisions de croissance des bénéfices par action pour les sociétés participant à l'indice sont de 30 % à 35 % pour 2010.
Gestionnaire de croissance à un prix raisonnable à l'optique ascendante, Mme Perez-Coutts prête néanmoins une attention considérable au climat macroéconomique des sociétés dans lesquelles elle investit. Avec l'aide d'une équipe de cinq analystes, elle suit quelque 27 pays et filtre plus de 5 000 compagnies.
Ce fonds détient actuellement 77 noms avec une capitalisation boursière pondérée moyenne de 20,7 milliards $. La discipline de placement a un horizon temporel de cinq ans et exige que le modèle commercial des sociétés cibles ait généré en flux de trésorerie un rendement du capital investi d'au moins 10 % de plus que pour les trois à cinq années précédentes.
Le Fonds des marchés émergents AGF détient 53,2 % de ses avoirs dans la région du littoral du Pacifique, 26,6 % en Amérique latine et 10,4 % au Moyen-Orient et en Afrique.
| Rendement du fonds AGF par rapport à l'indice | |||||||||
| 2009 | 2008 | 2007 | 2006 | 2005 | 2004 | 2003 | |||
| Fonds des marchés émergents AGF | 60,3 | -35,2 | 12,4 | 40,4 | 35,3 | 16,6 | 29,2 | ||
| Indice MSCI marchés émergents | 52,0 | -41,4 | 18,5 | 32,1 | 31,2 | 16,8 | 27,8 | ||
Le Brésil représente sa plus grosse pondération sud-américaine avec 17,6 %. Selon Mme Perez-Coutts, c'est une économie fondée sur les ressources naturelles avec du minerai de fer, du pétrole marin, de la pâte à papier et d'autres denrées de base, comme le café et le soja. Ce pays est exportateur net, et fait preuve de « discipline fiscale ». Le Brésil a subi une crise de sa devise dans les années 90, et il y a eu beaucoup de récalcitrants, dit-elle. « Mais j'y ai vu quelques tendances positives et y suis entré très tôt ».
En Asie, la Chine est sans aucun doute le moteur de la région, et de plus en plus de l'économie mondiale, dit mme Perez-Coutts, et « sa croissance pourrait surprendre en période haussière ». Les actions de sociétés opérant en Chine constituent 22 % du Fonds des marchés émergents AGF.
Mme Perez-Coutts ne partage pas les préoccupations de certains sur la possibilité que se crée une bulle immobilière dans les principales villes chinoises. « Le revenu par tête a augmenté plus vite dans ce pays que le prix de l'immobilier. »
Pour ce qui est des répartitions sectorielles du Fonds des marchés émergents AGF, les sociétés de matériaux et les compagnies énergétiques ont une pondération de 28,2 %, les produits de consommation 27,4 % et les services financiers, sociétés immobilières comprises, 18,2 %.
Une société énergétique brésilienne intégrée à grande capitalisation, Petroleo Brasileiro (Petrobras) est le plus important avoir du portefeuille avec 3 %. La société, dit Mme Perez-Coutts, devrait générer une croissance annuelle de sa production de 8 % à 10 % dans un avenir prévisible. « C'est un producteur à bas prix qui dispose de la technologie spécialisée requise pour entreprendre des forages en haute mer. Un pourcentage important de ses réserves confirmées se trouve dans les gisements marins du bassin de Campos. »
Petrobras est un bon générateur de flux de trésorerie, « discipliné dans la gestion de son argent », indique Mme Perez-Coutts. Cette action se négocie à New York sous le symbole PBR ).
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| Patricia Perez-Coutts | |
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Également parmi les 10 avoirs principaux de ce fonds, on trouve Vale, grande société mondiale de mines et de métaux opérant au Brésil. Précédemment appelée Companhia Vale do Rio Doce, Vale est une des plus grosses productrices mondiales de minerai de fer, précise mme Perez-Coutts. « Son minerai de fer est de haute qualité, par opposition à celui de la Chine, dont la qualité est inférieure et dont l'efficience est donc moins grande dans la production d'acier. »
La Chine est l'un des grands clients du minerai de fer de Vale. Mais selon Mme Perez-Coutts, le Brésil et le Mexique sont aussi très demandeurs de dépenses d'infrastructure et « les économies européennes commencent à revenir à la vie ». Outre le minerai de fer, la société produit du nickel et du cuivre. Vale a fait l'acquisition de la société canadienne Inco en automne 2006. Parlant des projets de production de la société, Mme Perez-Coutts précise : « Vale développe l'utilisation de ses capacités au fur et à mesure que l'économie se redresse. » Son action se négocie à New York sous le symbole VALE .)
Les actions de produits de consommation venant en appui de la thèse de Mme Perez-Coutts sur la croissance de la consommation intérieure comprennent la société brésilienne Lojas Renner, qui fabrique et vend des vêtements et des chaussures ainsi que des accessoires. C'est un intervenant national, dit Mme Perez-Coutts, qui cible un marché de femmes entre 20 et 40 ans. « Cette société mise sur une démographie positive et la croissance du pouvoir d'achat dans le pays. »
Une société mexicaine liée à la consommation répondant à des forces comparables est Wal-Mart de Mexico. « C'est un des plus gros employeurs du pays, et son bénéfice d'exploitation est considérablement plus élevé que celui de son homologue américain. » Certains gestionnaires des marchés émergents ne sont pas emballés par le Mexique parce que son taux de croissance économique est beaucoup plus bas que, disons, la Chine, « mais je suis encouragée par la croissance de sa classe moyenne. »
Conformément à la confiance qu'elle entretient à l'égard du marché immobilier chinois, Mme Perez-Coutts a étoffé l'avoir qu'elle possède depuis longtemps de la société China Overseas Land & Investment, « après le chaos économique mondial ». C'est une société de développement immobilier résidentiel, principalement pour la classe moyenne, dit-elle. « C'est une marque bien connue, d'envergure nationale, avec un inventaire de bons avoirs immobiliers. »
Préoccupée par la possibilité que les projets d'infrastructure proposés par Gamuda Berhad au Moyen-Orient s'avèrent moins rentables que sa gestion ne l'envisage, Mme Perez-Coutts a vendu l'avoir qu'elle possédait dans cette société malaisienne d'ingénierie et de construction. « La compagnie a connu une mauvaise expérience avec ses projets précédents au Moyen-Orient, et cela pourrait se reproduire. »