Rencontre

Les avoirs de Glenn Fortin comprennent des compagnies du secteur des soins de la santé.
par Sonita Horvitch | 01-03-17

Glenn Fortin, vice-président et spécialiste des actions américaines chez Beutel Goodman & Co., dit que la reprise solide de fin d'année à la bourse américaine a raréfié les choix pour les investisseurs qui privilégient la valeur.

A propos de l'auteur
Sonita Horvitch est une journaliste chevronnée du domaine de la finance, dont la spécialité consiste à tracer le portrait des gestionnaires de fonds et de leurs stratégies. Avant de se joindre à Morningstar, elle a travaillé pour le National Post et son prédécesseur, le Financial Post, où elle était connue pour sa populaire chronique Buy & Sell, dont elle a eu la responsabilité de sa création en 1994 jusqu'en décembre 2008. Elle détient une maîtrise en économie des affaires de l'Université du Witwatersrand à Johannesburg, Afrique du Sud.

Cette reprise, dit-il, a permis au marché d'afficher des résultats robustes au cours des 12 mois conduisant à la fin de janvier. Pendant cette période, l'Indice S&P 500 a produit un rendement total élevé (20,04 %), contre 11,96 % en 2016, chiffre qui reflète un début d'année difficile. Pour ce qui est des évaluations, cet indice se négociait récemment à un ratio cours-bénéfices de 25 sur la base des bénéfices passés, et de 18 sur la base des bénéfices prévisionnels.

« Le marché boursier américain est cher selon les normes historiques », dit M. Fortin, et il est difficile d'ajouter de nouveaux avoirs au portefeuille d'actions américaines. « Chez Beutel Goodman, nous sommes essentiellement des investisseurs ascendants recherchant d'excellentes entreprises qui se négocient au-dessous de leur valeur intrinsèque. »

M. Fortin dit qu'il existe quelques rares occasions sur le marché boursier américain, par exemple dans le secteur des soins de la santé. Qui plus est, il trouve une valeur relative dans le secteur des services financiers « en nous concentrant davantage sur les sociétés non bancaires qui perçoivent des frais parmi nos avoirs existants. »

À cause de cette pénurie de nouveaux avoirs, M. Fortin dit que « notre stratégie a consisté à détenir des plus fortes pondérations dans les avoirs suscitant une plus grande conviction, reflétant à la fois nos ajouts à ces avoirs et l'appréciation de ces actions. » Par ailleurs, dit-il, le portefeuille a connu une rotation faible.

M. Fortin fait remarquer que l'humeur des investisseurs sur les marchés boursiers américains est devenue plus positive après l'élection à la présidence de Donald Trump le 8 novembre.

Les investisseurs, dit-il, se sont focalisés sur les stratégies pro-croissance de M. Trump et se sont tournés vers les actions plus sensibles à l'économie et vers celles qui sont susceptibles de profiter de la hausse des taux d'intérêt et de la réduction des règlementations gouvernementales.

L'enthousiasme des investisseurs a d'autant plus augmenté que l'économie américaine a montré des signes solides d'amélioration, dit M. Fortin. « On a vu un afflux régulier de données positives. » Par exemple, le secteur manufacturier s'est repris alors qu'il s'était contracté durant l'été de 2016, et les chiffres de l'emploi se sont améliorés. « Les chiffres des nouveaux emplois ont dépassé les attentes. »

Glenn Fortin
Glenn Fortin

M. Fortin et son collègue Rui Cardoso cogèrent des portefeuilles d'actions américaines à moyenne et grande capitalisations, notamment la composante d'actions américaines des fonds équilibrés. Le Fonds d'actions américaines Beutel Goodman, qui a reçu la meilleure cote Morningstar (cinq étoiles) pour son rendement ajusté selon le risque, fait partie de leurs mandats. Le portefeuille américain contient 25 avoirs et les dix principaux titres en portefeuille en représentent plus de la moitié. L'indice de référence du fonds est le S&P 500.

« Tous nos avoirs continuent de générer des flux de trésorerie solides, affichent de bons bilans et adoptent des politiques d'affectation du capital qui allient parfaitement les besoins des entreprises et les rendements qui reviennent aux porteurs de parts », dit M. Fortin.

À la fin du mois de décembre, le portefeuille d'actions américaines était surpondéré dans les secteurs comme les soins de la santé (17,1 % contre 13,6 % dans l'indice) et dans les services financiers (17,3 % contre 14,8 % dans l'indice). La technologie de l'information, qui représentait 21,9 % du portefeuille, était légèrement surpondérée par rapport aux 20,8 % de l'indice. (La technologie de l'information est la plus grande pondération sectorielle de l'indice.)

Dans les soins de la santé, précise M. Fortin, l'accent est mis sur les compagnies qui ont une franchise solide et de bons flux de trésorerie, qui sont bien implantées sur le marché et dont le modèle d'entreprise relève davantage de l'envergure et de l'innovation que de la tarification.

M. Fortin déclare que M. Cardoso et lui-même ont ajouté une nouvelle position dans le portefeuille au quatrième trimestre de 2016, à savoir  AmerisourceBergen Corp. (ABC). Dans le secteur des soins de la santé, cette compagnie est le plus grand distributeur en gros de médicaments aux États-Unis. Cette industrie est un oligopole, dit M. Fortin, du fait que les trois plus grands intervenants représentent 85 % du marché. « Il y a d'énormes barrières à l'entrée, d'importantes économies d'échelle sont réalisées et l'utilisation des médicaments a augmenté. »

Qui plus est, AmerisourceBergen génère des flux de trésorerie solides, et la restitution du capital à ses actionnaires sous forme d'accroissement de dividendes et de rachats d'actions est inscrite dans sa culture. « Au cours des cinq dernières années, dit M. Fortin, la compagnie a réduit de 20 % le nombre de ses actions en circulation. Cette action était l'un des dix principaux avoirs en portefeuille à la fin du mois de décembre.

 Eli Lilly & Co. (LLY) est une compagnie pharmaceutique qui fait elle aussi partie des dix principaux avoirs en portefeuille. La compagnie, dit M. Fortin, fabrique des produits pharmaceutiques et des traitements destinés aux humains ainsi que des produits de santé animale. Sous l'égide d'une équipe de gestion « disciplinée », Eli Lilly s'efforce d'être un chef de file dans les maladies qu'elle cible, comme le diabète. « Outre ses produits existants, la compagnie possède une gamme de nouveaux produits et traitements attrayants qui vont bientôt être lancés sur le marché. » La compagnie, dit-il, génère des flux de trésorerie solides et restitue le capital à ses actionnaires.

AmerisourceBergen Corp.Eli Lilly & Co.
Clôture au 27 février91,73 $83,06 $
Haut/Bas 52 sem94,50 $-68,38 $83,78 $-64,18 $
Cap boursière19,9 milliards $91,6 milliards $
Rend. total 1 an (%)*6,415,6
Rend. total 3 ans (%)*12,014,4
Rend. total 5 ans (%)*20,818,9
*Au 27 février 2017. Toutes les chiffres sont en dollars américains.
Source : Morningstar

Du côté des services financiers américains, M. Fortin fait remarquer qu'il s'agit de l'un des secteurs les plus performants du marché boursier depuis l'élection américaine en novembre. La solidité de ce secteur reflète le fait que les investisseurs s'attendaient à une augmentation des taux d'intérêt qui bénéficie à ces actions, mais aussi la possibilité d'une diminution des règlementations régissant les firmes des services financiers sous la présidence de M. Trump.

Conformément à la rigueur de leur discipline de vente, MM. Fortin et Cardoso ont réduit leur participation à deux avoirs bancaires, à savoir  JPMorgan Chase & Co. (JPM) et  BB&T Corp. (BBT), qui est une banque régionale. « Ces actions avaient atteint notre cours cible », dit M. Fortin.

Leur discipline axée sur la valeur exige des gestionnaires qu'ils vendent un tiers de leur participation à une action quand elle atteint le cours cible qu'ils ont fixé, puis qu'ils analysent les données fondamentales pour décider de conserver ou de vendre le reste de l'avoir. Ces deux actions bancaires demeurent en portefeuille.

M. Fortin mentionne que le produit de ces deux ventes a été redéployé dans  Ameriprise Financial, Inc. (AMP) et  American Express Co. (AXP), deux autres avoirs actuellement en portefeuille. « Même si Ameriprise est répertorié en tant que compagnie d'assurance, dit M. Fortin, environ 70 % de ses bénéfices proviennent de sa division de gestion du patrimoine. »

Dans l'ensemble, dit-il, ces deux compagnies de services financiers requièrent moins de capitaux que les banques. De plus, « elle produisent un rendement de leurs capitaux propres qui est supérieur à 20 %, elles ont un bilan solide, leurs revenus sont basés sur les frais, et elles consacrent un pourcentage élevé de leurs flux de trésorerie disponibles à la restitution du capital aux investisseurs. Enfin, les évaluations de ces actions demeurent attrayantes. »

Dans le secteur de la technologie de l'information, l'équipe continue de privilégier les compagnies de logiciels pour entreprises, dit M. Fortin. « Une fois que leur logiciel est intégré aux systèmes informatiques de leurs clients, les coûts de transfert sont extrêmement élevés. » M. Fortin mentionne ici  Amdocs Ltd. (DOX) et  Symantec Corp. (SYMC).

Amdocs est un « chef de file mondial de logiciels de facturation destinés à l'industrie du câble et des télécommunications, dit M. Fortin. Contrairement aux compagnies technologiques à croissance élevée, Amdocs avance lentement mais surement. » La compagnie génère des flux de trésorerie solides et restitue la majorité de ses flux de trésorerie disponibles à ses actionnaires, dit-il.

Symantec continue d'être un gros avoir en portefeuille, dit M. Fortin. La compagnie s'est défaite de sa division de stockage des données, Veritas, « pour se concentrer aux activités de logiciels de sécurité de Symantec ». L'année dernière, Symantec a fait l'acquisition de la compagnie de logiciel de sécurité en nuage Blue Coat. « Le chef de la direction de Blue Coat, Greg Clark, a pris la tête de Symantec en tant que chef de la direction, dans le cadre de ce qui est essentiellement une prise de contrôle inversée », dit M. Fortin. De plus, dit-il, elle effectue une restructuration continue du personnel de vente, ce qui permettra d'améliorer les marges de profits à long terme.

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